
La propagation de la maladie de leishmaniose dans plusieurs provinces marocaines préoccupe le Parlement. Une députée a interpellé le ministre de la Santé et de la Protection sociale Khalid Ait Taleb sur ce sujet.
J’aimerais tant revenir en arrière, ne pas l’avoir faite opérer. Je me sens tellement coupable… Maintenant, ma vie est détruite." Figée mais digne dans sa douleur, la voix basse et le visage marqué, Mimouna Sghir ne sait pas comment elle va pouvoir affronter l’avenir. Cette mère de famille de 29 ans, installée à Tarascon, a vu sa fille de 4 ans et demi succomber dans ses bras d’une hémorragie interne, samedi.
"C’était au moment du petit-déjeuner, préparé par le papa comme tous les samedis matins. Les enfants se sont levés, sont allés jouer sur le lit des parents puis tout le monde est allé dans la cuisine. C’est là que Mahassin a commencé à cracher du sang" raconte une amie de la famille. En effet, la fillette se serait étouffée avec son sang. Les pompiers, arrivés immédiatement sur place, ont tout fait pour la réanimer en pratiquant plus de trois quarts d’heure de massage cardiaque. En vain.
"Ma petite-fille allait très bien quand elle s’est levée. Puis elle a fait une hémorragie et elle est morte en trente secondes. C’était treize jours après son opération des amygdales" se souvient la maman. Avec son époux, Mohamed, ouvrier agricole, elle est allée déposer plainte contre X afin de comprendre ce qui s’est passé. Car selon elle, sa petite fille, opérée le 19 janvier à Avignon où elle est restée trois jours en observation, n’a pu qu’être victime d’un choc opératoire. "Ça ne me la ramènera pas mais je veux savoir s’il s’agit d’une erreur médicale" souffle -t-elle encore, relayée par son époux qui assure avoir "confiance en la justice".
Une autopsie dont on ne connaît pas encore le résultat, a été pratiquée et des analyses complémentaires sont en cours, avant que le petit corps ne soit enterré au Maroc la semaine prochaine.
"C’est le pédiatre de l’hôpital qui nous a conseillé de la faire opérer car elle avait tendance à ronfler légèrement pendant la nuit. Mais personne ne m’a dit qu’il y avait un risque mortel pour ma fille ! C’était une opération bénigne qui a tourné au drame. Maintenant, je n’attends plus que ça : savoir. Pour que ça n’arrive plus jamais à une autre famille" souffle, dans un dernier effort, la maman. "Je n’ai plus envie de continuer mais il faut que je me batte. Je vais essayer..." Elle devra pourtant trouver la force de vivre car ses deux garçons, Reda, 7 ans et Ilyes, 1 an et demi, ont besoin d’elle.
Hier, nous avons joint le directeur de l’hôpital d’Avignon, sous le choc à l’annonce de ce drame.
"Ma première réaction est évidemment d’exprimer à la famille toute ma compassion et lui faire connaître toute mon émotion. En effet, cette enfant a subi une opération bénigne chez nous et est sortie de l’hôpital deux jours plus tard. Concernant les causes de son tragique décès, j’ai du mal à me prononcer. Il va y avoir une enquête et des experts médecins donneront leur verdict qui fera foi. Une chose est sûre, ce type de dossier est infiniment rare, c’est d’ailleurs la première fois que je suis confronté à une telle situation. Reste que l’hôpital jouera la transparence sur ce dossier. Pour être honnête, je n’étais pas encore au courant qu’une plainte avait été déposée. Peut-être en effet y a-t-il un lien entre l’intervention chirurgicale et la mort de cette fillette, mais peut-être pas. Je fais confiance aux experts et à la justice."
Source : La Provence - Romain Capdepon et Aveline Lucas
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