En août dernier, l’INPBPM et un groupe de parlementaires avait appelé Salaheddine Mezouar, alors ministre des Finances, à fournir des explications sur les dépenses du budget, baptisés "comptes spéciaux" de l’année 2011.
Dans une déclaration au portail d’information Al Arabia, Tarek Sbaï affirme que ces comptes spéciaux, alimentés par l’argent du contribuable, échappent au contrôle du parlement. Cet argent bénéficierait notamment à quelques associations proches de l’Etat et à des ministères, principalement celui de l’Intérieur, mais aussi à certaines institutions sécuritaires.
Le ministère de la Justice est également concerné, affirme Sbaï, car 40% des recettes de ce département provenant des amendes ne seraient pas inclus dans le budget de l’Etat et sont utilisés de "façon mauvaise".
Ces fonds se sont multipliés durant les trois dernières décennies pour atteindre 76 comptes spéciaux, dont le Fonds spécial de lutte contre les effets des catastrophes naturelles, le Fonds de développement de la pêche maritime, le Fonds de développement énergétique, ou encore le Fonds spécial pour le développement des provinces sahariennes. Tous ces fonds n’ont jamais publié de rapports sur leurs dépenses ou leurs ressources d’après Tarek Sbaï.
L’économiste Najib Akesbi, interrogé par Al Arabia, indique lui que tous les ministères ont des caisses noires qui servent à financer des projets ne pouvant l’être via d’autres canaux. Ces projets ne sont pas soumis aux règles de la transparence et échappent ainsi à tout contrôle.