Malgré ses potentialités, le Maroc n’est pas une économie émergente

26 décembre 2019 - 06h40 - Economie - Ecrit par : G.A

Pourquoi le Maroc ne se met-il pas de manière durable sur une trajectoire d’émergence alors qu’il réunit toutes les conditions pour réussir ? C’est à cette question que répond l’Agence française de développement en passant à la loupe, les facteurs qui empêchent le Royaume d’accéder au rang d’économie émergente.

L’Agence française de développement (AFD), l’un des plus grands bailleurs de fonds du Royaume, n’est pas la seule à se pencher sur la question. Les membres de la Commission spéciale sur le modèle de développement y réfléchissent également. Le Maroc, selon de nombreuses hypothèses, a enregistré pendant la période 1960 à 2002, une croissance annuelle moyenne de 4,2% alors que sa population a augmenté de 2,2%. Et à partir du milieu de la décennie 2000, le taux de croissance a commencé à frôler 5% par habitant. Ce qui laissait penser à de meilleures nouvelles, comme atteindre par exemple le seuil de 6%, cité comme spécifique aux pays en voie d’émergence.

Mais hélas, le Royaume s’est écarté de la trajectoire de l’émergence. Les économistes de l’AFD ont relevé que c’est le modèle de développement suivi jusqu’à présent qui serait à l’origine du recul de la croissance. Selon les économistes nationaux évoqués par le rapport de l’AFD, il est difficile d’augmenter le taux d’investissement public ou de maintenir un rythme de progression du crédit aussi élevé que dans la seconde moitié des années 2000, rapporte L’économiste.

C’est donc le modèle de développement qui devrait être remis en cause. Il est admis que certaines évolutions prometteuses laissent à penser que l’économie est en phase transitoire, avec la montée en puissance des exportations à plus forte valeur ajoutée et le changement qualitatif de la structure d’emploi intégrant plus de diplômés. Toutefois, l’essoufflement du modèle est un diagnostic largement partagé. Il se caractérise par un taux de croissance économique insuffisant, un relèvement du niveau de vie à l’image des pays émergents, une faible élasticité de la croissance sur l’emploi ainsi que le recul de l’efficacité et de la qualité du rendement de l’investissement.

Pour sortir de ce cercle vicieux, plusieurs propositions ont été formulées par diverses institutions et rappelées par l’AFD dans le rapport. Ces propositions mettent un point d’honneur sur "la qualité du capital humain, la poursuite des réformes de gouvernance et l’amélioration du climat des affaires". Elles soulignent aussi l’assouplissement du marché du travail, le ciblage des politiques d’investissement sur les infrastructures technologiques, la transformation structurelle de l’économie via l’appui des secteurs clés, précise la même source.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Croissance économique - Politique économique - Agence française de développement

Ces articles devraient vous intéresser :

Séisme : l’économie marocaine touchée en plein cœur

Le puissant séisme qui a touché le Maroc dans la nuit du vendredi 8 septembre, n’a pas causé que des dégâts humains et matériels. Il affecte durement l’économie du royaume, en plein essor depuis une dizaine d’années.

Maroc : la construction se porte bien, mais...

Au Maroc, la construction connaît une embellie qui n’est pas près de s’arrêter. Les perspectives sont certes globalement positives, mais le secteur reste confronté à des défis majeurs.

Maroc : après un fort rebond, l’économie devrait ralentir en fin d’année

L’économie marocaine, après un troisième trimestre 2024 en fanfare, devrait connaître un léger ralentissement de sa croissance au cours des prochains mois. C’est ce qu’indique le Haut-Commissariat au Plan (HCP) dans son dernier rapport.

Les Marocains paieront plus cher la bonbonne de gaz

Comme décidé par le gouvernement, le prix de la bonbonne de gaz va augmenter dès l’année prochaine. Celle-ci devrait se poursuivre les années suivantes.

Economie marocaine : les prévisions du HCP pour 2025

Le Haut-commissariat au plan (HCP) a publié mercredi les principaux points du budget 2025. On y apprend entre autres que la croissance économique du royaume devrait s’établir à 3,8 % cette année.

Mohammed VI et le pari gagnant de l’ouverture en Afrique

Le Maroc a connu une croissance économique assez soutenue depuis 2000, après l’accession au trône du roi Mohammed VI. Le royaume prend des mesures pour attirer les investissements étrangers et devenir une grande puissance régionale.

Maroc : la croissance économique s’accélère

Le Maroc a enregistré une croissance économique de 4,1 % au quatrième trimestre 2023, contre 0,7 % au cours de la même période de 2022, révèle le Haut-commissariat au plan (HCP).

Mondial 2030 : le vrai décollage économique pour le Maroc ?

L’organisation de la coupe du monde 2030 par le Maroc, le Portugal et l’Espagne, aura certainement un impact significatif sur le Produit intérieur brut (PIB) du Maroc qui pourrait se situer entre 3 et 5 %, affirme Zaki Lahbabi, DG de Transatlas Sport...

Fitch Ratings note l’économie marocaine

Fitch Ratings, agence américaine de notation, a confirmé la note de défaut de l’émetteur à long terme du Maroc en devises étrangères (IDR) à ‘BB+’ avec perspectives stables.

Pourquoi le Maroc ne sait pas profiter des MRE

Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) boostent l’économie marocaine grâce à leurs transferts de fonds. Cependant, ils sont des leviers essentiels insuffisamment utilisés par le Maroc en raison de certains obstacles.