
Franc succès pour l’opération de régularisation fiscale volontaire lancée récemment. Déjà près de 2 000 contribuables ont déclaré plus de 5,2 milliards de dirhams depuis le lancement de cette opération qui prend fin le 31 décembre.
Elles refusent souvent d’investir l’argent placé par les immigrés vivant en France dans des projets de création d’entreprise portés
par ces derniers ou par leurs enfants.
Les établissements financiers maghrébins présents en France se présentent avant tout comme des banques de dépôt. Certaines financent des crédits à la consommation, mais globalement les prêts
bancaires ne font pas partie des services dont peuvent bénéficier leurs clients. Motif invoqué par les directeurs des agences marocaines interrogés sur le sujet : "Les banques marocaines n’ont pas la prétention de concurrencer les banques françaises sur leur propre marché." "Ce n’est pas ça le problème, rétorque Amo Ferhati,
président de l’association Espace Intégration. Les banques maghrébines ont avant tout une stratégie de captation du capital des épargnants immigrés, sans pour autant consentir à s’engager dans une
logique de risque." En d’autres termes, les banquiers maghrébins préfèrent faire fructifier les économies de leurs compatriotes plutôt que de leur prêter des capitaux en vue de financer leurs projets. Seule la banque tunisienne semble avoir adopté une stratégie plus ouverte sur le crédit aux entreprises. "L’UTB est une banque d’affaires dont le siège social se trouve en France. Notre démarche est très différente de celle traditionnellement adoptée par les banques du Maghreb", soutient un membre de la direction de l’UTB.
Manque de confiance. Les jeunes Français issus de l’immigration n’ont pas vraiment leur place parmi la clientèle des banques marocaines. "Pourquoi un Français viendrait frapper à notre porte
alors que les banques françaises proposent une gamme de services très complète ? Nous ne voulons pas hériter des mauvais payeurs",
explique le directeur administratif d’une des principales enseignes bancaires du royaume chérifien.
Le discours change dès lors que leurs clients souhaitent financer des projets dans leur pays d’origine, ou se lancer dans l’import-export. Le manque de confiance des banques maghrébines à
l’égard de leurs clients est loin de faciliter la prise
d’initiatives et contribue à la désintégration de la communauté maghrébine. Voilà qui explique sans doute en partie que les Maghrébins et les jeunes issus de l’immigration ayant soif d’entreprendre tentent plutôt leur chance du côté des réseaux d’aide à la création d’entreprise.
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