Les monarchies pétrolières du Golfe investissent massivement au Maroc

19 décembre 2007 - 10h45 - Economie - Ecrit par : L.A

L’économie marocaine, totalement libéralisée, fait le plein des capitaux arabes. Ces derniers visent divers secteurs, mais sont particulièrement actifs dans l’immobilier. Le pays compte des dizaines de chantiers gigantesques.

A mi-chemin entre Casablanca, capitale économique du Maroc, et Rabat, la capitale administrative, Bahia Bay est un développement immobilier spectaculaire : villas de luxe, maisons mitoyennes, immeubles avec appartements, hôtel, terrain de golf, club d’été, complexe équestre, centre commercial, centre de divertissement et de loisir. Le tout sur 531 hectares, en face de l’Atlantique.

Bahia Bay n’est que l’un des cinq projets immobiliers au Maroc, au coût de 1,5 milliard de dollars chacun, financé par Emaar, une société immobilière de Dubaï. Mais dans l’ensemble, des dizaines de milliards de dollars pleuvent sur le Maroc, surtout dans l’immobilier, le tourisme, la construction, l’énergie, les télécommunications et la finance. « En 2007, nous avons accueilli 3 milliards de dollars d’investissements directs étrangers d’Europe et des Etats-Unis. En cette même année, nous avons signé pour 25 milliards de dollars en provenance des pays du Golfe, sur les dix prochaines années », se réjouit Hassan Bernoussi, directeur de l’organisme d’Etat chargé d’attirer les investissements.

Culturellement proches

Grâce aux prix pétroliers qui ont grimpé de près de 400% en huit ans, les monarchies pétrolières du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Dubaï, Bahreïn, Abu Dhabi) ont accumulé des fortunes colossales. Leurs investissements effectués en Europe et aux Etats-Unis ne constituent que la partie émergée de l’iceberg. Ils sont en effet de plus en plus présents au Maghreb, en Asie et en Afrique subsaharienne.

« Nous sommes certes culturellement plus proches des pays du Golfe, mais ils viennent chez nous parce que les opportunités existent », poursuit Hassan Bernoussi. L’économie marocaine, selon lui, est la plus libéralisée au Maghreb et accepte que les étrangers détiennent 100% des capitaux dans des entreprises basées au Maroc et rapatrient la totalité des profits.

« Les ressortissants du Golfe ressentent aussi une certaine tension à leur égard en Occident. Le Maroc constitue une bonne alternative », ajoute encore Hassan Bernoussi, ajoutant que le nombre de touristes arabes augmente d’année en année.

Le boom de l’immobilier provoqué par les investissements arabes est très perceptible. Chaque jour, les journaux marocains regorgent d’annonces immobilières alléchantes. Plus concrètement, à l’instar du projet de Bahia Bay, les chantiers se multiplient. Marrakech, haut lieu du tourisme, compte actuellement trois parcours de golf. En 2010, il y en aura dix-huit, ils seront aménagés dans de nouveaux complexes hôteliers.

Social et environnemental

Hassan Bernoussi assure que ce n’est pas de trop. Il minimise également l’impact social et environnemental d’une telle explosion. Il affirme, par exemple, avoir prévu un plan de réaffectation de l’eau pour pouvoir assurer l’arrosage de terrains de golfe et pour la consommation en général.

Pour beaucoup de Marocains, l’explosion de l’immobilier, est gage de succès. « Elle signifie des emplois et elle permet de combler le retard économique du pays. Sans les investissements arabes, les objectifs en termes de croissance et de développement ne seraient pas atteints », déclare Mohammed Fani, directeur de la Fondation Suisse Maroc pour le développement durable. Conscient des risques de dérapages, ce Genevois d’origine marocaine sensibilise les entreprises marocaines et internationales sur leur responsabilité sociale et écologique.

Le Temps - Ram Etwareea

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Investissement - Arabie saoudite - Koweït - Qatar

Ces articles devraient vous intéresser :

Bientôt une plateforme pour aider les MRE à investir au Maroc

Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, encourage les Marocains résidant à l’étranger (MRE) à davantage investir au Maroc, soulignant la nécessité pour le royaume...

L’ONCF séduit les investisseurs et prépare l’avenir du rail au Maroc

Le plan d’expansion ferroviaire séduit les investisseurs qui sont prêts à financer les projets marocains. En témoigne la réussite par l’Office national des Chemins de fer (ONCF) d’une levée de fonds.

Maroc : 96 milliards pour moderniser le réseau ferroviaire avant 2030

Dans la perspective de la Coupe du monde 2030, le Maroc s’active pour moderniser son réseau ferroviaire. Un programme d’investissement de 96 milliards est prévu à cet effet.

Le Palace de La Mamounia change de mains

Le géant mondial du phosphate, OCP, est devenu l’actionnaire majoritaire de l’hôtel La Mamounia à la suite de la cession par l’État de sa part dans l’établissement. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la politique de désinvestissement des actifs...

Investissement privé au Maroc : la banque mondiale sonne l’alarme

L’investissement privé est en chute libre au Maroc. C’est du moins ce que révèle la banque mondiale dans son nouveau rapport de suivi de l’économie marocaine.

L’investissement public marocain marque une année record

L’investissement public au Maroc a atteint un niveau record de 300 milliards de dirhams en 2023, ce qui représente une augmentation de 22,4 % par rapport à 2022 et de 53,9 % par rapport à 2019, révèle le Conseil de la concurrence dans un récent rapport.

Immobilier au Maroc : le marché paralysé

Au Maroc, le secteur de l’immobilier sombre dans un immobilisme paralysant. Et, les défis à relever sont nombreux.

Orange Maroc : A fond dans la 5G et la fibre

Le groupe Orange ambitionne de renforcer ses investissements au Maroc où il emploie déjà quelque 3 500 personnes. Le géant français des télécoms place le royaume au cœur de sa stratégie d’expansion en Afrique et au Moyen-Orient.

MRE : des milliards qui boostent les banques, mais pas l’économie

Malgré leur hausse continue, les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ne contribuent pas à la croissance économique du Maroc, révèle un récent rapport gouvernemental, notant que la part de ces fonds dédiée à l’investissement reste...

Mohammed VI et le pari gagnant de l’ouverture en Afrique

Le Maroc a connu une croissance économique assez soutenue depuis 2000, après l’accession au trône du roi Mohammed VI. Le royaume prend des mesures pour attirer les investissements étrangers et devenir une grande puissance régionale.