Le report des échéances de crédit va coûter cher aux Marocains

10 mai 2020 - 02h00 - Economie - Ecrit par : Bladi.net

Les banques commerciales marocaines sont divisées sur les modalités du moratoire des crédits bancaires. Des frais de dossier ne sont pas appliqués, mais l’allongement de l’échéance de remboursement engendre des intérêts supplémentaires et augmente le coût initial du crédit.

La prise en compte des remboursements reportés durant le moratoire, est le problème qui se pose actuellement aux banques, rapporte le journal l’Economiste. À ce propos, la Banque centrale a précisé aux banques de la zone de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), que les moratoires accordés seront logés dans un compte spécial réservé aux opérations en lien avec le covid-19. Une disposition qui ne serait pas d’application au Maroc, explique le quotidien selon lequel des frais de dossier ne sont pas appliqués. Cependant, l’allongement de l’échéance de remboursement engendre des intérêts supplémentaires et augmente le coût initial du crédit.

Dans la pratique, les banques mettraient ensemble les reports de paiement au montant principal des dettes ; ce qui fait que les intérêts à rembourser seront comptabilisés sur ces montants principaux, ajoutés aux intérêts en sursis. Une hausse de la note à payer par les débiteurs à la reprise des remboursements, est la conséquence directe de cette pratique.

Idriss Bensmail, directeur général adjoint de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie (BMCI), a déclaré : "Nous n’appliquons aucune majoration du taux contractuel. Cependant, pour les clients qui demandent un rallongement de la durée du crédit de 3 mois, les échéances reportées s’ajouteront au capital et seront productives d’intérêts" auquel il faut ajouter le coût de l’assurance emprunteur, a-t-il précisé.

Par ailleurs, 416 000 demandes de report de remboursement d’intérêts ont été soumises par diverses catégories de personnes pour un montant total de 33 milliards de dirhams. 95 % de ces demandes ont reçu un avis favorable.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Banques - Coronavirus au Maroc (Covid-19)

Aller plus loin

Maroc : grosses difficultées pour les bénéficiaires de microcrédit

À fin décembre 2021, le nombre de bénéficiaires de microcrédits s’élevait à 840 333 clients pour un total de 8,158 milliards de dirhams, a déclaré Nadia Fettah Alaoui, ministre...

Ces articles devraient vous intéresser :

L’Europe veut bloquer les transferts des MRE

L’Union européenne veut mettre fin au transfert de fonds des Marocains résidant en Europe vers leur pays d’origine via les banques marocaines présentes sur le continent.

Un coup de pouce bienvenu pour les commerçants marocains

Suite à la directive de Bank Al-Maghrib (BAM) publiée le 25 septembre 2024, qui plafonne désormais le taux d’interchange domestique à 0,65%, le Centre monétique interbancaire (CMI) a été contraint de s’aligner.

Une classe moyenne marocaine en plein essor, vraiment ?

Au Maroc, les ventes de voitures ont connu une forte augmentation au cours de la dernière décennie, passant de 111 000 unités en 2011 à plus de 161 000 unités en 2023 par an, soit une progression d’environ 45 %. La même tendance est notée en ce qui...

Bank Al-Maghrib valide le rachat de Société Générale Maroc par Saham

Bank Al-Maghrib vient d’accorder au groupe Saham la dernière autorisation requise pour le rachat de Société Générale Maroc.

Marocains, n’oubliez pas de déclarer vos avoirs à l’étranger !

Franc succès pour l’opération de régularisation fiscale volontaire lancée récemment. Déjà près de 2 000 contribuables ont déclaré plus de 5,2 milliards de dirhams depuis le lancement de cette opération qui prend fin le 31 décembre.

Appel à mettre fin à l’échange d’informations fiscales des MRE

L’Organisation démocratique du travail (OMT) a vivement critiqué la politique gouvernementale à l’égard des Marocains résidant à l’étranger, pointant du doigt une approche jugée superficielle et occasionnelle, particulièrement lors de l’accueil des MRE...

L’économie marocaine a-t-elle vraiment profité de l’amnistie fiscale ?

Alors que l’amnistie fiscale visant à régulariser les avoirs liquides non déclarés a entraîné une injection de 60 milliards de dirhams dans le système bancaire marocain, les défis structurels liés à la liquidité bancaire persistent.

La Société générale se sépare de sa filiale marocaine

Les négociations sont très avancées pour le rachat par le groupe Saham Finances, fondé et dirigé par l’ancien ministre de l’Industrie et du Commerce, Moulay Hafid Elalamy (MHE) d’une grande partie de la société générale du Maroc.

L’Europe menace les transferts des MRE vers le Maroc

Inquiets de l’impact de la directive européenne encadrant la présence des banques étrangères sur le sol de l’Union européenne (UE) sur les flux des transferts des MRE, Bank Al-Maghrib (BAM), plusieurs banques, le ministère des Affaires étrangères et de...

Le Maroc traque les circuits financiers illégaux

Le Maroc muscle sa lutte contre les circuits financiers illégaux. L’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) vient de publier son rapport annuel pour l’année 2023, et les chiffres témoignent d’une intensification des efforts déployés pour...