Une affaire Kerviel au Maroc ?

14 mars 2008 - 10h09 - Economie - Ecrit par : L.A

Après la dispute sur le logo, d’autres bisbilles sont en train de naître entre le Crédit Agricole et le Crédit du Maroc. Chez le Crédit Agricole, une simple procédure de routine a révélé des opérations financières non autorisées, à la suite de la démission de Abdelaziz Enasri, directeur des Activités de Marché suivie de celle de Yassine Terafi, son collaborateur direct du front office en décembre 2007. Tous deux ont rejoint le Crédit du Maroc depuis.

Contactées par l’Économiste, les deux personnes ont préféré ne pas réagir par rapport à ces accusations. La place s’interroge : est-ce deux petits Kerviel marocains, par référence au trader de la Société Générale France ?

D’après des sources bien informées, les investigations préliminaires auraient permis de mettre à jour des opérations financières traitées avec Calyon, la banque d’affaires issue de la fusion de celles du Crédit Lyonnais et du Crédit Agricole France. Ce dernier, par cette opération, est devenue la société mère du Crédit du Maroc. Certaines opérations étaient tripartites entre Calyon, Crédit du Maroc et Crédit Agricole du Maroc. Il est à préciser que ces opérations auraient été réalisées par Enasri d’une manière unilatérale, sans autorisation des instances compétentes de la banque, et sans comptabilisation dans les livres du Crédit Agricole du Maroc, en infraction totale avec les procédures en vigueur au sein de cette institution, explique Crédit Agricole du Maroc.

Par ailleurs, une deuxième délégation de Calyon viendra demain alors que leur arrivée était programmée la semaine prochaine au Maroc pour examiner cette affaire et décider, avec Crédit Agricole du Maroc, si les opérations seront maintenues jusqu’à maturité (entre 1 et 3 ans). « Nous n’avons jamais signé de contrat de type ISDA avec Calyon », affirme Karim Belmaâchi, directeur général du Crédit Agricole Maroc. « De toutes les manières, les opérations passées sont pour l’instant profitables pour la banque si jamais on décide de les garder », poursuit-il. Un contrat de type ISDA est un contrat international standardisé, qui régit les relations entre les organismes financiers de pays différents. D’après notre source, les deux collaborateurs viennent d’être recrutés au Crédit du Maroc. Parmi les opérations non autorisées figuraient une transaction importante impliquant le Crédit du Maroc.

Cette situation « a été portée à la connaissance de l’autorité de tutelle Bank Al-Maghrib ainsi qu’au GPBM », dit le Crédit Agricole.

Source : L’Economiste - Said Mabrouk

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Crédit agricole du Maroc - Banques - Crédit du Maroc

Ces articles devraient vous intéresser :

Société Générale Maroc officiellement racheté

La Société Générale a annoncé vendredi 12 avril la cession de ses filiales marocaines, Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) et La Marocaine Vie, au groupe Saham pour un montant total de 745 millions d’euros. Cette opération s’inscrit dans le...

Séisme au Maroc : les banques versent 850 millions de dh, Akwa Group 600 millions

Le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) vient de faire un geste conséquent pour venir en aide aux victimes du récent séisme qui a frappé le pays. C’est également le cas pour Akwa Group.

Données bancaires des MRE : Le Maroc négocie avec l’OCDE

Le Maroc est en pourparlers avec l’UE en vue d’une application harmonieuse du traité OCDE/G20 sur l’échange automatique des données bancaires à des fins fiscales.

Un coup de pouce bienvenu pour les commerçants marocains

Suite à la directive de Bank Al-Maghrib (BAM) publiée le 25 septembre 2024, qui plafonne désormais le taux d’interchange domestique à 0,65%, le Centre monétique interbancaire (CMI) a été contraint de s’aligner.

L’Europe menace les transferts des MRE vers le Maroc

Inquiets de l’impact de la directive européenne encadrant la présence des banques étrangères sur le sol de l’Union européenne (UE) sur les flux des transferts des MRE, Bank Al-Maghrib (BAM), plusieurs banques, le ministère des Affaires étrangères et de...

Chèques sans provision : une aministie bienvenue au Maroc

Au Maroc, le service centralisé des amendes pour défaut de provision sur chèques a enregistré en 2022 559 918 incidents de paiement, soit une augmentation de près de 12 %, comparativement à l’année précédente. C’est ce qui ressort d’un rapport sur la...

100 milliards de dirhams : l’amnistie fiscale bat tous les records au Maroc

100 milliards de dirhams. C’est le montant total des avoirs déclarés dans le cadre de l’amnistie fiscale au Maroc à la date du 1ᵉʳ janvier 2025.

L’économie marocaine a-t-elle vraiment profité de l’amnistie fiscale ?

Alors que l’amnistie fiscale visant à régulariser les avoirs liquides non déclarés a entraîné une injection de 60 milliards de dirhams dans le système bancaire marocain, les défis structurels liés à la liquidité bancaire persistent.

Marocains, n’oubliez pas de déclarer vos avoirs à l’étranger !

Franc succès pour l’opération de régularisation fiscale volontaire lancée récemment. Déjà près de 2 000 contribuables ont déclaré plus de 5,2 milliards de dirhams depuis le lancement de cette opération qui prend fin le 31 décembre.

Maroc : les crédits "Halal" dopent l’immobilier

Les crédits immobiliers “Halal” accordés aux ménages marocains ont connu une hausse considérable, atteignant 23,1 milliards de dirhams à fin juin contre 20,3 milliards de dirhams à la même période de l’année précédente, indique Bank Al-Maghrib dans une...