
Au Maroc, les mères célibataires continuent d’être victimes de préjugés et de discriminations. Pour preuve, la loi marocaine n’autorise pas ces femmes à demander des tests ADN pour établir la paternité de leur enfant.
“Je suis une self-made woman. Je me suis faite toute seule, à la force du poignet”. Ainsi se définit Touria Souaf. Animatrice de Carrefour à Médi 1, présentatrice à la RTM à l’époque de ça bouge à la télé, présentatrice du JT, journaliste reporter, rédactrice en chef puis animatrice de Point de vue et Entretien à 2M, elle a maîtrisé l’évolution de sa carrière “audiovisuelle” sans faillir à sa devise : “l’honnêteté, l’intégrité”.
Quand on lui demande si Tanger, sa ville natale, ne lui manque pas, elle répond avec franchise et sans détour : “En tant que tangéroise, je resterais toujours attachée à cette ville qui fait rêver beaucoup de gens et qui symbolise le brassage des cultures dans l’histoire du Maroc. Mais, je pense qu’elle aurait dû garder ses élites intellectuelles qui se sont éparpillées !” Car si Touria doit sa boulimie “curieuse” à son père, Haj Mohamed Souaf qui lisait les journaux “fervemment”, d’où sa passion pour le journalisme, elle reconnaît que sa tolérance et son esprit ouvert ont pour origine tout un cosmopolitisme propre à Tanger.
Touria Souaf inspire engagement et mûrissement même quand il s’agit de ses actrices préférées : Susan Sarandon et Meryl Streep.
“Une femme journaliste a une sensibilité différente voire une approche différente”. Telle est l’évaluation de Touria du charisme d’une femme journaliste. Cette réflexion féminine “journalistique” est infaillible parce que les prix qu’a reçus l’année dernière la journaliste le prouvent : l’hommage de la MAP en tant que journaliste télé ainsi que le Jamour pour la meilleure émission politique (Entretien). Touria Souaf a beaucoup ramé pour en arriver là. “Toutes ces récompenses sont le fruit d’un très dur labeur”. Des mots comme “l’Arrivisme” et “l’Opportunisme” lui donnent de l’urticaire, affirme-t-elle.
Hantée “viscéralement” par la culture de l’image. “Pour moi, l’image est extrêmement importante : elle est éloquente”. Touria Souaf va renouer avec ses traditions “audiovisuelles” en faisant appel à sa fibre “féministe” et ce dès avril prochain, à travers Parole aux Femmes, une émission bimensuelle de 26 mn qui sera un débat de femmes autour d’une problématique “féminine”. “Je vais changer complètement de registre dans Parole aux Femmes. C’est une tribune qui va permettre aux femmes marocaines de pouvoir s’exprimer parce qu’elles ont beaucoup de choses à dire”.
A 48 ans, Touria Souaf n’a qu’une seule aspiration “professionnelle” : continuer à faire son travail de “journaliste”. “Je suis journaliste et je le resterais. Quand le métier de journaliste vous prend aux tripes, vous l’avez pour la vie”.
KARIMA ZGHAIDI
Libération, Maroc
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