
Walid Regragui envoie un message ferme aux binationaux
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Depuis l’affaire Marouane Fellaini, le Maroc a changé de paradigme et réussit aujourd’hui à attirer de nombreux joueurs binationaux. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) fait mieux que les fédérations de pays comme la France, l’Algérie, l’Espagne et la Belgique.
L’affaire Marouane Fellaini remonte à 2005. Après sa participation à un match amical entre les U20 du Maroc et les Pays-Bas, une succession de malentendus et de non-dits pousseront « Big Mo » à choisir les Diables rouges. « Il n’est monté que 20 minutes alors que les Néerlandais menaient déjà 3-0. Cela l’a vexé et orienté son choix », avait confié à La Dernière Heure Nasser Larguet, directeur technique national du Maroc de 2014 à 2019. « J’ai entendu parler de ce cas à l’époque, explique-t-il au même média belge au téléphone depuis l’Arabie saoudite. Il était venu faire un essai alors qu’il était en pleine croissance. Il n’avait pas été pris au sérieux. La personne qui l’avait jugé avait dit que c’était plus un basketteur qu’un footballeur d’après ce que l’on m’a dit sans que je n’aie vécu l’évènement. »
Depuis cette époque, le Maroc évite de commettre la même erreur. Il se bat pour arracher les joueurs binationaux à leur pays d’adoption ou de naissance. Pour y arriver, Larguet, actuel DTN en Arabie saoudite, mettra en place une stratégie efficace. « De 2007 à 2014, j’ai dirigé l’académie du (roi Mohammed VI). On a misé sur la formation, mais cela prend du temps. Nous n’étions logiquement pas prêts pour sortir directement des tops joueurs. C’était pertinent de s’intéresser aux binationaux. » Ces joueurs binationaux doivent avant tout satisfaire une condition : ils doivent être meilleurs que les joueurs locaux. Larguet et son équipe travaillent inlassablement et obtiennent des résultats concrets. « Au bout de deux ans, on avait des scouts partout en Europe, de l’Allemagne à l’Italie en passant par la France, les Pays-Bas et l’Espagne. Ils nous donnaient des listes de noms. On se déplaçait et on scoutait. C’est comme ça qu’on a déniché Noussair Mazraoui, Sofyan Amrabat ou Achraf Hakimi. »
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La stratégie du Maroc a consisté à manifester de l’intérêt pour les joueurs binationaux dès leur plus jeune âge. « Je me suis aperçu qu’auparavant, on allait les chercher à 18 ans. C’est trop tard. Souvent, les joueurs venaient par défaut, car la France, la Belgique ou les Pays-Bas ne les avaient pas choisis. Là, on a fait le pari de s’y intéresser dès qu’ils avaient 15 ans. En 2014, on a créé une équipe nationale U15 rien pour ça. » La méthode Larguet repose également sur la transparence. « Pour Hakimi, je suis allé voir le Real Madrid pour les prévenir de notre projet, raconte le DTN. Il est venu chez nous honorer une sélection avec les U16 puis l’Espagne l’a repéré ». Il laisse le libre arbitre au joueur de répondre positivement à la convocation.
« S’il y avait une sollicitation du pays natal, c’était tout à fait normal de lui donner la possibilité d’y aller. J’étais heureux qu’il ait pu comparer, car je n’aurais pas voulu qu’il nous reproche toute sa vie de l’avoir forcé à choisir le Maroc. » Après, Larguet le convainc de rejoindre l’effectif des Lions de l’Atlas. « Cela doit faire partie de leur analyse. Quand Hakimi a eu un doute, je lui ai mentionné que le réservoir espagnol regorgeait de latéraux qui évoluaient dans les plus grands clubs du monde comme Dani Carvajal ou Nacho. Il n’avait que 17 ans. Nous, on avait seulement Nabil Dirar. L’aspect sportif a dicté sa décision, confie Larguet. »
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Grâce à ces efforts, l’équipe du Maroc émerge au point de former une génération dorée. En 2022, les Lions de l’Atlas ont atteint pour la première fois de leur histoire le dernier carré d’une coupe du monde. « Si le Maroc n’avait pas réalisé ce parcours au Mondial 2022, il n’y aurait pas autant d’engouement. Maintenant, le pays est attirant. Il va accueillir la Can 2025 et la Coupe du monde 2030, en plus de bénéficier d’infrastructures de haut niveau. » Aujourd’hui, ce parcours exceptionnel attire de nouveaux talents binationaux. Au fil des ans, le Maroc est devenu un exemple à suivre en matière de recrutement des joueurs binationaux. Il fait mieux que la France, l’Espagne, la Belgique, l’Espagne et l’Algérie. Cette dernière rencontre les mêmes problèmes de base qu’a vécus le Maroc il y a 15 ans. « Personne ne forme à part le Paradou, le MC Alger et Sétif », analyse Ishaq Chebli, journaliste sportif algérien qui vit à Bruxelles.
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