En Espagne, la guerre contre les produits agricoles marocains

18 juillet 2024 - 23h00 - Espagne - Ecrit par : S.A

Un important syndicat d’agriculteurs espagnols, proche de Vox, fait pression sur le gouvernement espagnol pour qu’il durcisse les mesures contre les produits agricoles marocains.

Des agriculteurs espagnols s’attaquent encore aux produits marocains. Ils exercent une forte pression sur Pedro Sánchez pour que son gouvernement intensifie les contrôles des aliments importés, en particulier ceux en provenance « du nord de l’Afrique ». « Les représentants des agriculteurs devraient être autorisés à assister au prélèvement des échantillons et à la communication des résultats des analyses des produits », exige Luis Cortés, coordinateur d’Unión de Uniones, l’un des principaux syndicats d’agriculteurs. Selon lui, les agriculteurs ne font pas confiance aux « procédures mises en œuvre par le gouvernement et demandent à pouvoir les contrôler », rapporte OK Diario.

À lire :Des agriculteurs français en guerre contre la tomate marocaine

Le responsable syndical soupçonnerait un traitement de faveur envers des produits marocains et demande que les produits « soient analysés exactement de la même manière que ceux produits par les agriculteurs de l’Union européenne ». Le journal espagnol appuie Luis Cortés en rappelant que l’augmentation des contrôles aux frontières marocaines est l’une des revendications que les agriculteurs défendent lors des manifestations. La publication accuse les autorités espagnoles d’effectuer moins ou peu d’inspections et de permettre « l’entrée d’aliments dont les niveaux de pesticides dépassent les limites fixées par la réglementation européenne ».

À lire :Concurrencés par le Maroc, les agriculteurs espagnols appellent à l’aide

Pour étayer son argumentation, l’auteur de l’article fait savoir que le journal espagnol a commandé une analyse sur des haricots verts marocains qui contiendraient 0,029 mg/kg (milligrammes par kilogramme) de benzoate d’émamectine B1, l’un des pesticides utilisés pour traiter les légumes afin de réduire la présence d’insectes dans les plantations. Ces niveaux seraient trois fois supérieurs aux limites fixées par la réglementation européenne, affirme-t-il. Invraisemblable ! Pour rappel, deux notifications concernant des envois en provenance du Maroc ont été annulés par le Système d’Alerte Rapide pour les Aliments et les Aliments pour Animaux (RASFF).

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Espagne - Administration - Agriculture - Alimentation

Aller plus loin

Les agriculteurs bretons dénoncent « l’invasion » de la tomate marocaine

Une action d’étiquetage a été lancée le vendredi 2 juin 2023 par les producteurs de tomates d’Ille-et-Vilaine et la FDSEA 35, pour dénoncer les tomates importées du Maroc.

Concurrencés par le Maroc, les agriculteurs espagnols appellent à l’aide

Alors que les exportations marocaines de tomate dans l’UE sont passées de 365 695 tonnes en 2013 à 557 225 tonnes en 2022 (701 541 tonnes y compris le Royaume-Uni), celles de...

Marché aux fruits rouges : la concurrence marocaine inquiète les agriculteurs espagnols

Les exportations toujours croissantes de framboises et de myrtilles du Maroc inquiètent les agriculteurs espagnols. Ces derniers déplorent une concurrence déloyale.

Guerre des tomates : le Maroc face à la colère des agriculteurs européens

Depuis quelques mois, la tomate marocaine est attaquée en Europe. En janvier dernier, des agriculteurs français ont brûlé des cargaisons de ce produit marocain et des scènes...

Ces articles devraient vous intéresser :

L’avocat : l’or vert qui assoiffe le Maroc

La culture de l’avocat nécessite une importante quantité d’eau. Au Maroc, des voix s’élèvent pour appeler à l’interdiction de cette culture, en cette période de sécheresse sévère et de stress hydrique.

Intoxications alimentaires : le Maroc à l’épreuve de la restauration rapide

La députée Hanane Atarguine, du groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité (PAM), a demandé au ministre de l’Intérieur de prendre des mesures pour renforcer les contrôles dans les restaurants et établissements de restauration rapide afin...

Le fisc marocain en alerte

La lutte contre l’économie informelle reste le cheval de bataille de la Direction Générale des Impôts (DGI). Dans ce sens, celle-ci a adopté une nouvelle stratégie.

Booking dicte sa loi aux hôtels marocains

La plateforme de réservation en ligne, Booking.com continue de dicter sa loi aux hôteliers marocains, ainsi qu’aux agences de voyages, provoquant d’énormes pertes économiques.

Bonne nouvelle pour les salariés marocains

Les salariés marocains peuvent se frotter les mains. Des mesures fiscales qui leur sont favorables sont consignées dans le projet de loi de finances (PLF-2025).

Écoles privées au Maroc : hausse des frais et colère des parents

Des écoles privées ont décidé d’augmenter les frais de scolarité à la prochaine rentrée au grand dam des parents d’élèves. Préoccupée, une députée du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) appelle le gouvernement d’Aziz Akhannouch à agir pour empêcher...

Le plan ambitieux du Maroc pour ne plus manquer d’eau

Face à la pression croissante sur ses ressources en eau, le Maroc met les bouchées doubles pour développer des solutions innovantes. Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts, a annoncé...

Maroc : appels à interdire la culture de la pastèque

Au Maroc, les défenseurs de l’environnement appellent à l’interdiction totale de la culture de la pastèque, très gourmande en eau.

Maroc : la pastèque sacrifiée pour préserver l’eau ?

Des associations locales de la province d’Al Haouz ont sollicité Rachid Benchikhi, le gouverneur de la province, pour qu’il interdise la culture de pastèques et de melons.

Maroc : ces régions oubliées de l’internet

Lors d’un débat organisé par le Parti Authenticité et Modernité (PAM), Ghita Mezzour, ministre de la transition numérique et de la réforme de l’administration, a révélé la part du territoire marocain sans couverture internet.