
Depuis la promulgation de la nouvelle loi « asile et immigration » en France, les expulsions sous OQTF visent désormais plusieurs catégories d’étrangers autrefois protégées par la loi.
Les relations diplomatiques du Maroc avec l’Espagne sont tendues. Toutefois, cela n’empêche pas des milliers de Marocains de s’installer en terre hispanique, cherchant à assurer leur avenir et devenir. Témoignages.
Sur cette allée piétonne en bord de mer, l’une des plus fréquentées de la Costa Del sol, située entre Benalmadena et Torremolinos, des dizaines de marchands tentent d’attirer de nombreux touristes venus du monde entier.
Parmi eux, une douzaine de Marocains. Avec leurs étalages à même le sol, ils vendent maintes babioles dont des objets artisanaux, des bijoux fantaisistes, des tenues de foot ramenées du pays et autres.
Aziz 41 ans, propose des jouets. C’est grâce à cela, qu’il assure son pain quotidien pendant les deux mois d’été. Ses bénéfices dépassent souvent l’équivalent des 10.000 dirhams. Le reste de l’année, il gagne un peu moins en vendant des habits dans les différents marchés de la région.
Mais pour vendre sur les paseos espagnols, les risques ne sont pas moindres. Il explique : « Je n’arrive pas à obtenir une autorisation légale pour vendre sur le paseo. Du coup, je suis toujours embêté par les policiers qui me confisquent ma marchandise. Cette semaine, ils m’ont tout pris quatre fois de suite. Pour récupérer la marchandise, il faut payer une amende de 300 euros, environ 3000 dirhams. »
« Tous les immigrés ne sont pas des harragas
Aziz n’est pas le seul dans ce cas. La police espagnole ne badine pas avec les hors la loi et encore moins avec les sans-papiers. Sur ce point, le problème n’existe pas. Tous les marchands de la côte ne sont pas des pateras.
L’un d’eux nous confie : « Ici les sans-papiers n’ont aucune chance d’échapper aux contrôles de police. Dès que ces derniers font leur randonnée, ils s’éloignent aussitôt des côtes pour se réfugier dans les régions agricoles du pays où la main d’œuvre bon marché est fortement recherchée. »
Malgré cela, les marchands marocains même dotés d’un titre de séjour se plaignent. Hamid, 29 ans, se révolte : « On se débrouille comme on peut en gagnant notre vie honnêtement sans penser à faire de trafic de haschich ou d’autres choses illégales mais les autorités de ce pays refusent de nous délivrer des permis de vente. Qu’elles nous trouvent un autre travail, alors ! »
Quant à Khalid, âgé de 44 ans, c’est davantage à son pays maternel qu’il en veut : « Toute l’année, je me saigne avec mon épouse pour pouvoir rentrer au pays et y dépenser de l’argent. Pourtant, le gouvernement marocain se préoccupe très peu de notre sort. Il faut que les responsables marocains interviennent pour casser ce cliché où presque tous les Marocains, à l’excepté des touristes, sont considérés comme des harragas et des bandits. »
Aujourd’hui, le Maroc se préoccupe de plus en plus de ses résidents vivant à l’étranger. L’immigration vers l’Espagne est récente et encore réservée à une minorité. Elle tend par-contre à s’amplifier. Les témoignages de ces marchands font appel à une attention plus soutenue.
Abla Ababou pour menara
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