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Le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) a eu lieu sous protection policière la semaine dernière. En cause, les esprits se sont échauffés lors d’une délibération portant sur le financement d’un projet solidaire pour les enfants Sahraouis à Tindouf.
Tensions au sein du conseil municipal d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Les élus ont du mal à accorder leurs violons sur une subvention exceptionnelle de la ville. « Nous apportons un soutien à la fois politique et humanitaire au peuple Sahraoui, dont le territoire est occupé par le Royaume du Maroc depuis le départ des autorités coloniales en 1976, comme en atteste le droit international et le Conseil de sécurité de l’ONU. Lors du conseil municipal, nous soumettions au vote une subvention de 6000 euros pour financer un projet solidaire pour les enfants Sahraouis à Tindouf, un camp de réfugiés dans le désert », explique à Actu.fr, le maire Philippe Bouyssou (PCF).
Ce projet a soulevé de vives critiques. Une manifestation a été d’ailleurs organisée devant l’hôtel de ville d’Ivry-sur-Seine. « Des soutiens à la puissance occupante marocaine ont alors tenté de faire pression, y compris dans l’enceinte du Conseil municipal. La séance s’est poursuivie à huis clos et sous protection policière », rapporte l’édile. « Je suis interloquée par le soutien affiché à Naama Asfari. Il me semble tout d’abord que dans cette période de sortie (provisoire, peut-être) de Covid-19, tous nos efforts et toute notre attention doit être portée vers les problèmes concrets des habitants d’Ivry et vers ceux qui sont le plus touchés par cette crise », a réagi la conseillère municipale d’opposition, Rachida Kaaout (LREM).
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L’élue juge inopportun un tel projet. « Ne pensez-vous pas que l’affectation de ces 6000 euros, que vous demandez aux Ivryens, pourrait servir à soutenir les citoyens de notre ville qui en ont le plus besoin ? », enchaîne-t-elle. Pour Rachida Kaaout, profiter de cette demande de subvention pour citer en préambule un homme que le maire de la ville d’Ivry considère comme un opposant prisonnier politique mais qui a été jugé dans son pays pour des faits graves, est inacceptable. « Tout autant que l’avoir nommé citoyen d’honneur de la ville d’Ivry et de s’en enorgueillir ».
En réponse, l’édile se dit étonné de retrouver l’intervention de Rachida Kaaout, qui s’est opposée au financement de ce projet solidaire, sur un site de soutien au régime marocain. « Nous connaissions Madame Rachida Kaaout en tant que porte-parole de la ‘start-up nation’ à Ivry. Serait-elle également la représentante de la monarchie archaïque du Maroc ?, s’interroge-t-il. Jamais aucune manœuvre de ce genre ne fera entrave à notre soutien plein et entier au droit à l’autodétermination du peuple Sahraoui ».
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