Mardi, la question du Sahara était au cœur d’une séance de débat au Parlement britannique. Le député du Parti conservateur, Andrew Mitchell, avait posé une question concernant la position du gouvernement britannique sur le conflit au Sahara marocain. Aussi, a-t-il appelé à une démarche similaire à celle adoptée par les États-Unis et la France. Répondant à la question de l’élu, le chef de la diplomatie britannique David Lammy a affirmé que le Royaume-Uni poursuivait le dialogue avec les autorités marocaines. Il a précisé que la position du gouvernement britannique restait la même que celle du gouvernement précédent. Cette position fait l’objet d’une révision continue, compte tenu de l’évolution de la situation régionale et internationale, a-t-il ajouté.
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Au Royaume-Uni, nombreuses sont les personnalités politiques britanniques qui appellent Londres à rejoindre le bloc des pays ayant reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara et soutenu son plan d’autonomie. Y-a-t-il un intérêt pour le Royaume-Uni de franchir ce pas ? Partant de la « théorie des équilibres régionaux dans les relations internationales, on peut dire que la dynamique actuelle entourant le dossier du Sahara marocain, marquée par des reconnaissances de puissances majeures telles que les États-Unis, la France et l’Espagne, pourrait pousser le Royaume-Uni à réévaluer sa position », a estimé l’expert en affaires stratégiques, Hicham Mouatadid. Selon ses explications, les équilibres régionaux imposent aux États de tenir compte de la stabilité des zones qui ont un impact sur leurs intérêts stratégiques.
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Il y a des avantages économiques que le Royaume-Uni pourraient tirer en changeant sa position sur le Sahara. « Dans le cas des provinces du Sud du Maroc, les reconnaissances internationales croissantes de la marocanité du Sahara pourraient inciter le Royaume-Uni à éviter l’isolement diplomatique dans ce contexte, notamment avec la présence de partenaires européens majeurs tels que la France et l’Espagne », analyse l’expert.
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Pour Hicham Mouatadid, la « théorie du réalisme politique » explique également la possible évolution de la position britannique. Le Royaume-Uni analyse les gains et les pertes d’un éventuel geste de reconnaissance de la marocanité du Sahara. Mouatadid est persuadé que le Royaume-Uni pourrait s’aligner derrière la position internationale. Sans crainte. « Plus le nombre de reconnaissances internationales augmente, plus les risques diminuent pour les pays restants à reconnaître, créant ainsi un environnement moins menaçant pour le Royaume-Uni », assure l’expert.