
Le Maroc bénéficiera d’un prêt de 1,3 milliard de dollars du Fonds monétaire international (FMI) pour soutenir sa transition écologique et renforcer sa résilience face aux catastrophes naturelles.
Les déclarations faites par le directeur général du FMI (Fonds Monétaire International) au cours de sa visite au Maroc, à propos de la situation économique et financière de notre pays et des orientations stratégiques qu’elle impose en vue de réaliser une croissance forte, tranchent nettement sur le discours officiel des responsables en charge de l’Economie et des Finances.
Elles découvrent des non-dits, voire les constats et bilans négatifs et les défaillances présentées à l’opinion publique comme étant des performances.
Ceci est grave et nous pensons que cette visite est davantage une mise en garde de ces responsables contre les graves déficits, les retards et absence de réformes pertinentes, qu’une simple visite traditionnelle de concertation. Les taux de croissance enregistrés par l’économie marocaine sont faibles et se situent autour de 4 % en moyenne annuelle. Le niveau d’investissement est trop insuffisant pour initier une croissance plus forte, laquelle doit se situer aux alentours de 8 %, voire plus, pour créer un surplus de richesses et des emplois. La productivité est faible et le commerce extérieur est dramatiquement déficitaire, les exportations n’ayant plus de perspectives de croissance. Les accords de libre-échange et l’ouverture commerciale sur le monde augurent davantage de difficultés et de reculs sur les marchés que d’opportunités que l’économie marocaine peut concrétiser. Le budget est déficitaire dans des limites en réalité insoutenables, en raison de sa structure, des lourdes dépenses de fonctionnement et la dette compromet la réduction de son déficit. La fiscalité est inadaptée, complexe et lourde et le ministère des Finances ne montre nulle prédisposition à engager sa réforme.
Les facteurs de production grèvent la rentabilité de l’entreprise et le secteur privé passe à côté de la mise à niveau, faute aussi bien de moyens que de cadre législatif et fiscal.
Plus grave encore, l’entreprise et l’Etat naviguent à vue sans perspective claire de ce que serait demain. Demain, ce sont des défis que la politique économique ne pourra pas relever. Le taux de chômage, le chômage des jeunes et des diplômés et la pauvreté subsisteront. Nul n’est dupe pour croire le discours officiel.
La sécheresse et la gelée compromettent la production agricole. Le panier de la ménagère, un indice très révélateur, ne contient plus que ce qui fait subsister ce ménage. La pauvreté, au Maroc, gagne d’autres couches de la population.
La situation économique est alarmante. Ce n’est pas une exagération, mais c’est ce que révèlent, sur le terrain du concret, les mises en garde du FMI en terme d’indicateurs économiques.
Cela veut dire encore, et c’est là assurément un impératif, que le gouvernement doit revoir sa politique économique, mettre en oeuvre d’urgence des stratégies pertinentes pour arrêter les déficits, accroître l’investissement et la productivité et soutenir l’entreprise, adopter sans tarder les réformes qui s’imposent, assainir les finances publiques.
Autrement, et comme c’est le cas aujourd’hui, c’est à une démission prématurée du gouvernement à laquelle on assiste.
M.Nassiri - L’Opinion
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