
Les musulmans, des citoyens de seconde zone en Inde
L’Inde pousse loin la discrimination à l’égard des musulmans. Le parlement indien vient de voter une loi qui catégorise les musulmans comme des citoyens de seconde zone.
Alors que la violence communautaire était imminente au quartier à dominance hindoue de Gokalpuri, dans le Nord-Est de Delhi, Mohinder Singh et son fils, Inderjit, ont volé au secours de la communauté musulmane.
À l’aide d’une moto et d’un scooter, le père et son fils ont réussi à transporter 60 à 80 voisins musulmans vers la localité musulmane la plus proche de Kardampuri. Mohinder Singh, 53 ans, a pris le scooter tandis que son fils, lui, est monté sur la moto. Ensemble, ils ont fait environ 20 voyages chacun, de Gokalpuri à Kardampuri, en une heure, rapporte Alnas.
"Je n’ai pas vu d’hindou ou de musulman. […] J’ai vu des petits enfants. J’avais l’impression qu’ils étaient mes enfants et que rien ne devait leur arriver. Nous l’avons fait parce que nous devons tous agir avec humanité et aider ceux qui en ont besoin. Que puis-je dire de plus ?", a déclaré Mohinder, père de deux enfants, également gérant d’un magasin d’électronique.
Tout est parti des émeutes de certains individus qui scandaient Jai Shri Ram. Ils ont appelé au massacre des "traîtres". Dans la foulée, d’autres les ont rejoints. Tétanisés par la peur, les musulmans de Gokalpuri se sont réfugiés dans la mosquée Jamia Arabia Madinatul Uloom. Une mosquée qui devait être incendiée et pillée plus tard dans la nuit.
"J’ai vécu l’enfer qui était en 1984", car "ces souvenirs ont été ravivés", a déclaré Mohinder Singh, faisant ainsi référence aux émeutes anti-sikhs, qui avaient frappé dans l’émoi et la consternation toute une ville. Les violences du week-end dernier, lui ont rappelé ce triste et macabre souvenir. Gokalpuri a été le théâtre de pires violences pendant trois jours d’émeutes. Le bilan fait état d’environ 40 morts. Parmi eux, le chef de police Ratan. Magasins, maisons et mosquées ont été incendiés et pillés.
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