
La frontière entre l’Algérie et le Maroc a été exceptionnellement ouverte cette semaine pour permettre de rapatrier le corps d’un jeune migrant marocain de 28 ans, décédé par noyade en Algérie.
Le rythme de croissance de l’immigration marocaine en Espagne a fortement ralenti, durant les cinq dernières années, pour céder la place devant la spectaculaire ascension des ressortissants latino-américains, particulièrement les Equatoriens, note dimanche le quotidien espagnol « Abc ».
Dans une étude sur l’état de l’immigration en Espagne, basée sur l’analyse de données actuelles, le journal relève que pendant les cinq dernières années, le nombre de Marocains en situation légale résidant en Espagne est passé de 115.945 à 282.432, un chiffre qui serait insignifiant en comparaison avec la métamorphose de l’immigration équatorienne durant la même période. Le nombre des Equatoriens est passé de 3.886 en 1997 à 115.301 en 2002. En 2000, la communauté marocaine, forte de 200.000 membres, représentait 42 % du collectif d’immigrés en situation légale, contre seulement 21,20 % en 2001 (233.000).
Selon le dernier rapport de l’Observatoire des migrations de l’OCDE, la politique de gestion des flux migratoires, appliquée par l’Espagne durant les dernières années, a eu pour résultat la création d’une nouvelle radiographie de la communauté étrangère avec une nette domination latino-américaine.
Cette politique, adoptée dans le souci de recherche de personnes plus proches des Espagnols aux plans culturel, linguistique et religieux, a eu pour résultat, en l’espace de trois ans, une « latino américanisation » des étrangers non communautaires, comme l’ont qualifié les experts des phénomènes migratoires.Les autorités espagnoles ont ainsi conclu de nombreux accords bilatéraux avec des pays d’Amérique latine et de l’Europe de l’Est en vue d’introduire des contingents stables de main-d’œuvre dans le but, selon l’OCDE, d’éviter la dépendance excessive de la main-d’œuvre marocaine.
Bien que celle-ci demeure majoritaire, elle perd de poids à mesure qu’augmentent le nombre et la proportion des travailleurs équatoriens. La communauté équatorienne a connu les plus forts taux de croissance, passant de 2.000 membres en 1995 à 115.000 en 2002. Le gel de l’application de l’accord sur la régulation de l’immigration, conclu entre le Maroc et l’Espagne (Madrid : 27 juillet 2001), a également contribué à la diminution du nombre de travailleurs marocains dans la mesure où peu d’offres d’emploi leur ont été attribuées en 2002.
Le groupe de travail maroco-espagnol sur l’immigration devra traiter, lundi à Malaga, de l’application de cet accord.
Il ressort de la configuration de la nouvelle carte de l’immigration en Espagne que la présence de Marocains stagne au moment où celle des Equatoriens et colombiens suit son cours ascendant. En 2002, quelque 139.164 Marocains affiliés à la Sécurité sociale en Espagne ont été recensés, contre 120.612 Equatoriens et 59.443 Colombiens.
MAP
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