
Des indices montrent que le Maroc s’apprête à acquérir des lanceurs du système Patriot, afin de renforcer les capacités défensives des Forces royales Air (FRA).
L’Espagne et les Etats-Unis ont conclu la semaine dernière un accord sur la sécurité des navires américains dans le Détroit de Gibraltar. L’information a été rapportée par les médias ibériques presque en même temps que la directive donnée par l’état-major de l’armée espagnole aux bateaux de guerre de ce pays qui s’étaient concentrés au large des côtes marocaines de la Méditerrnaée depuis le mois de juillet 2002 et ce, pour un allégement de leur dispositif.
Dans les médias nationaux marocains, ces informations ont été brièvement reprises. Pourtant, sur le plan géographique, au moins, le Détroit de Gibraltar est une passage international bordé principalement par deux Etats : le Maroc et l’Espagne. On peut encore leur ajouter la Grande-Bretagne qui continue à exercer sa souveraineté sur le "Rocher" de Gibraltar. Aussi, la sécurité de ce couloir maritime est à la fois, une affaire internationale et un volet qui concerne deux Etats souverains et voisins lancés, après deux ans de froid, dans la réhabilitation de leurs relations bilatérales.
L’accord américano-espagnol ne semble pas avoir pris en considération ce facteur particulièrement important : c’est comme si les Etats-Unis, un autre "ami" de notre pays, avaient accepté de reconnaître à Madrid et de lui déléguer la charge de la sécurité dans le Détroit faisant fi du Maroc, de ses droits de souveraineté et de son amitié.
La question n’est pas superflue. Elle s’inscrit plutôt dans une logique conflictuelle et confuse au niveau de cette zone sensible de la Méditerranée occidentale.
Madrid sous le gouvernement Aznar avait rejeté nombre d’initiatives marocaines visant à inscrire au processus de décolonisation ses possessions dans le Nord du Maroc et ce, malgré l’insistance de Rabat sur la volonté de faire de ces points de litige un trait d’union pour le rapprochement et la prospérité des populations et des Etats voisins.
Certes, entre les deux pays, le conflit sur la pêche maritime a aggravé les divergences. Mais il faut rappeler que l’épisode le plus dangereux a été surtout celui du débarquement espagnol en grande fanfare dans l’îlot marocain de Leïla. Les observateurs peuvent constater qu’il est survenu peu de semaines après l’annonce par le Maroc de l’arrestation d’une cellule d’Al Qaïda qui voulait attaquer des bateaux américains dans le Détroit.
Ces arrestations avaient démontré déjà un niveau de coopération avancé entre le Maroc et les Etats-Unis, dans leomaine de la lutte contre le terrorisme. Mais du côté espagnol, c’était la colère mal cachée y compris dans les services secrets et la présidence du gouvernement.
La présence des gendarmes marocains dans l’îlot de Leïla a été par la suite une initiative ayant officiellement la mission d’observer et de contrôler les activités dans cette petite région marocaine du Détroit en prévention contre les actes terroristes, le trafic de drogue et l’immigration clandestine. D’où le grand étalage des forces militaires en juillet. Aujourd’hui, six mois après cette crise, l’Espagne et les Etats-Unis qui ont conclu l’accord militaire de sécurité dans la région semblent franchir dans la discrétion un pas dans la marginalisation du Maroc et de ses droits nationaux. Une affaire qui exige assurément des éclaircissements.
Sourec : Libération ( Casablanca )
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