Des comportements malsains qui rebutent nos visiteurs

3 février 2007 - 10h34 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’an 2010 approche à grand pas. Plus que trois années pour voir arriver les 10 millions de touristes tant attendus. Tout du moins, le Maroc espère voir ce voeu, décliné noir sur blanc dans le Contrat-Programme, se réaliser. Cependant une impression presque générale d’une sorte de relâchement de la part des responsables marocains se fait de plus en plus sentir. Plusieurs interrogations semblent encore relever du domaine du latent quant à une forme certaine d’indifférence face à quelques pratiques « malsaines » qui ne peuvent que dissuader le touriste de visiter le Maroc.

Ils sont tous attirés par le pays : Britishs, Américains, Espagnols, Français, Suédois, Belges. Ils espèrent passer leurs vacances sous nos cieux à chaque fois que l’occasion se présente.

Différentes statistiques fournies par le ministère du Tourisme démontrent incontestablement que la destination Maroc est vraiment des plus prisées. Certes, le Maroc figure parmi les pays les « plus beaux du monde » et n’a pas besoin d’éloges, ni de publicités pour vanter ses mérites, mais il a plus besoin que son peuple soit sensibilisé !

Assurément, il ne faut pas généraliser, quoique certains agissements ne laissent pas indifférent. A titre d’exemple, vers la moitié du mois de janvier, au niveau du port de Tanger, quelques personnes portant des badges - avec l’inscription « écrivain public » - se permettent de harceler carrément les voyageurs étrangers.

Les faits dépassent l’entendement ! Au sortir du bateau, les voitures ne portant pas des plaques minéralogiques marocaines sont pratiquement prises d’assaut par ces « écrivains ». Ils guettent le passage de l’inspecteur douanier qui vérifie les papiers des voitures et se postent juste à côté. Le conducteur bien évidemment croit forcément que ladite personne fait partie du staff de la douane. Juste au moment où l’agent s’éloigne avec les papiers pour les vérifications d’usage, l’« écrivain » s’approche et demande carrément de l’argent aux conducteurs.

Un couple français, Joël et Anne-Marie, ont subi ce désagrément. Un écrivain public, quadragénaire, s’est adressé à Joël avec un français très sommaire pour lui proposer ses services. Le conducteur l’a remercié en lui disant que tout se passe bien. Le douanier est revenu pour demander au couple si c’était la première fois qu’ils entraient au Maroc avec la voiture. La réponse étant négative. L’agent repart encore avec les papiers pour une autre vérification. L’écrivain revient à la charge. Il dit à Joël : « Ne vous inquiétez pas Monsieur, il va revenir rapidement et tout ira bien. » Le couple commence alors à paniquer. Un autre écrivain, un peu plus âgé que son confrère, s’avance aussi pour demander ce qui se passe. De retour, l’agent remet les papiers à Joël et lui demande s’il n’a rien à déclarer concernant les bagages. Joël, de bonne foi, déclare n’avoir rien à signaler et propose même d’ouvrir son coffre. Le douanier ne trouve pas l’utilité et leur fait signe qu’ils peuvent partir. S’apprêtant juste à démarrer, Joël est surpris de constater que les deux écrivains bloquaient pratiquement la voiture. Le Français baisse la vitre et les interroge s’il y a un problème. L’un d’entre eux lui dit : « Alors Monsieur, où est mon cadeau ? ». Le français sourit et lui donne un porte-clé neuf.

Très mécontent du petit cadeau, l’écrivain le lui jette d’une manière très désagréable, en disant d’un air renfrogné : « Donne-moi de l’argent, je n’ai pas besoin de ton porte-clé. Je veux des euros !! ». Joël refuse et commence à faire monter la vitre. Anne-Marie s’apprêtant à allumer une cigarette, l’autre écrivain, s’adresse à elle : « M’dame donnez-moi cigarette s’il te plaît ». La Française ouvre son paquet et lui tend une cigarette. C’est à ce moment que l’écrivain hurle : « Non pas UNE cigarette, JE VEUX LE PAQUET » !

Bienvenue au pays des tracasseries

Les choses allaient se gâter, si Joël n’avait pas hurlé à son tour : « Foutez-le camp, sinon je vais alerter les autorités ». C’est alors que les deux lascars, mais non sans avoir copieusement insulté nos « pauvres » touristes », se sont éloignés. La scène s’est passée au vu et su des agents douaniers et personne n’a bougé le petit doigt. Questionné sur le rôle de ces écrivains, un employé d’une agence maritime nous a confié que s’ils sont présents au port, c’est avant tout pour rendre le débarquement plus aisé pour les voyageurs en répondant à leurs questions ou en les orientant, mais en aucun cas pour leur extirper de l’argent ! Un douanier, interrogé sur les agissements de ces écrivains, a d’abord nié avoir vu la scène, puis il nous a expliqué que ce sont des pauvres gens qui ne gagnent pas le sou !

Mais est-ce le problème des touristes, si certains Marocains sont pauvres et vivent dans la misère ? Est-ce parce qu’ils viennent de l’étranger qu’ils doivent forcément être considérés comme des pigeons, ou des vaches à traire ? Pourquoi les autorités compétentes ne font pas des descentes à l’improviste pour mettre hors d’état de nuire ces personnes qui se croient tout permis ?

Une chose est sûre : des milliers de touristes se sont fait pigeonner, duper et rouler au Maroc et ils préfèrent de loin virer vers d’autres pays où ils ne seront pas plumés !

Plusieurs touristes se plaignent déjà des surfacturations de certains établissements marocains, des prix exagérés de certains produits usuels et aussi des tarifs des taxis !

Au lieu de ne prêter attention qu’aux lits à créer et sur la façon de promouvoir le produit Maroc sur certains marchés émetteurs, pourquoi ne pas résoudre d’abord ces problèmes très patents. L’on ne le dira jamais assez : l’évaluation de la satisfaction ou des touristes séjournant au Maroc s’impose. Personne ne le contredira : un touriste satisfait, équivaut, pratiquement, à dix de gagnés. Malheureusement, l’inverse est aussi vrai !

Al Bayane - Meyssoune Belmaâza

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