
Le chanteur algérien Cheb Bilal indésirable au Maroc
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À Tanger, un chanteur populaire a été arrêté par la police après la diffusion d’une vidéo le montrant en train d’interpréter une chanson incitant à « l’ivresse et à la débauche » devant des mineurs, lors d’une célébration de l’Aïd al-Fitr dans le quartier Bir Chifa.
Le parquet de Tanger a décidé de poursuivre le chanteur en liberté provisoire. Il sera bientôt fixé sur sa date de comparution devant le procureur du roi près le tribunal de première instance. La loi marocaine punit toute personne incitant à de tels comportements, y compris l’incitation des mineurs à l’ivresse, la propagation de l’immoralité ou l’encouragement à la prostitution, conformément aux articles 502 et 282 du Code pénal, qui criminalisent l’incitation à l’ivresse, à la consommation de drogues ou à la promotion d’actes immoraux. Le Code prévoit en son article 497 une peine d’emprisonnement et une amende à l’encontre de quiconque incite des mineurs de moins de dix-huit ans à la prostitution, les y encourage ou leur en facilite l’accès.
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Lors de sa prestation devant des dizaines de mineurs, le chanteur a interprété des chansons incitant à la consommation d’alcool et à la débauche, et a suscité l’interaction de dizaines d’enfants répétant des paroles telles que : « un bisou, un câlin, une chute dans la mer… je bois mon verre, je m’enivre et j’oublie ». De quoi choquer les internautes marocains. Ils pointent le rôle des responsables du quartier Bir Chifa dans l’octroi d’autorisations pour ce genre de rassemblements, ainsi que celui des parents dans le suivi des activités de leurs enfants. Ils ont appelé les autorités à prendre des mesures contre les promoteurs de pratiques menaçant les valeurs de la société marocaine et portant atteinte à la jeune génération.
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Ce qui s’est produit à Tanger « n’est pas simplement un chanteur montant sur scène, ce qui s’est passé est bien plus grave. Ce n’était ni une erreur de goût, ni un dérapage isolé, mais un symptôme criant d’une perte de repères : des paroles saturées d’insinuations dégradantes, interprétées devant un public majoritairement composé d’enfants, comme si cette génération ne méritait que le bas-fond », réagit un activiste interrogé par al3omk. Il évoque l’impact des chansons sur les enfants. « Scientifiquement, lorsqu’un enfant entend ces paroles, il les enregistre, s’y habitue et les reproduit, elles deviennent une partie de sa conscience naissante, de son langage, de ses comportements et de sa vision du monde… »
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L’activiste pointe lui la responsabilité de l’État. Il a expliqué que la Constitution en ses articles 32 et 33 attribue à l’État la responsabilité de la protection juridique et morale des enfants et que l’article 483 du Code pénal criminalise l’atteinte publique à la pudeur, en particulier en présence de mineurs. Aussi, a-t-il rappelé que le Maroc a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant, qui oblige les États à protéger les enfants contre tout ce qui pourrait nuire à leur développement psychologique et moral ou entraîner une altération précoce de leur conscience et de leur perception du monde.
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Ce dernier souhaite en outre que le Maroc suive l’exemple de l’Allemagne qui, en 2019, a pris des mesures contre des organisateurs d’un concert. Cette année-là, lors d’un festival en plein air auquel assistaient des enfants, le groupe Rammstein a interprété une chanson contenant des insinuations sur les drogues. « Le spectacle a été immédiatement interrompu par les organisateurs, la municipalité a infligé une amende à l’entreprise organisatrice et de nouvelles directives ont été émises interdisant toute diffusion de contenu inapproprié lors des événements familiaux », a-t-il fait savoir.
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