Asma Marabet : « la pénalisation de l’adultère est contraire à la morale islamique »

8 février 2021 - 14h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

L’islamologue et chercheuse, Asma Lamrabet, appelle à la suppression de l’article 490 du code pénal qui punit les relations sexuelles hors mariage. Selon elle et le « collectif 490 », groupe qui dénonce le même article, ce texte est contraire à la morale de l’islam et n’est pas applicable dans le Maroc d’aujourd’hui.

Pour Asma Lamrabet, ancienne directrice du Centre des études féminines en Islam, les relations sexuelles hors mariage sont proscrites par l’islam et les autres religions monothéistes. Mieux, dans l’Islam, l’adultère doit être prouvé par le témoignage de quatre personnes. Une exigence qui, selon elle et le « collectif 490 », protège la liberté individuelle des personnes.

« Tenir des relations sexuelles en dehors du mariage est un acte moralement interdit, mais cet acte de consentement entre deux adultes ne peut pas être criminalisé », a expliqué Asma Lamrabet, dont l’avis sur la question rejoint celui de ceux qui appellent à la suppression de l’article 490. Selon elle, le respect ou non de l’interdiction religieuse des relations sexuelles hors mariage, est une question de convictions morales personnelles.

Asma Lamrabet, auteure du livre « Le Coran et les femmes : une lecture de la libération », estime en outre qu’« on ne peut pas tenir les gens responsables de leur relation avec leur Créateur, car c’est confié à Dieu. La loi devrait assurer l’application de la décision de justice, protéger leur vie privée et ne pas les diffamer ».

L’affaire de sextape à Tétouan a ramené sur le tapis cette question de la criminalisation des relations sexuelles hors mariage. La mise en cause, une jeune célibataire, mère de deux enfants, accusée d’« atteinte à la pudeur publique » et de « rapports sexuels hors mariage », a fini de purger sa peine d’un mois d’emprisonnement et a été libérée en début de ce mois. Son amant, lui, est en fuite à l’étranger. « La jeune femme est victime d’atteinte à sa vie privée et victime de la loi qui, au lieu de la protéger, l’a condamnée », avait dénoncé le « collectif 490 ».

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