Le député Kamal Ait Mik, membre du groupe parlementaire du Rassemblement national des indépendants (RNI) à la Chambre des conseillers, a relevé des erreurs dans l’écriture des mots amazighs sur les panneaux de signalisation routière.
La situation sociolinguistique de la langue amazighe sur le marché linguistique marocain est l’intitulé d’une étude parue dans la Revue internationale de sociologie du langage (université Sidi Mohammed Ben Abdallah de Fès).
L’étude, élaborée par le Pr. Ahmed Boukous (université Mohammed V/Rabat), a pour objectif de dégager des généralisations empiriques relatives au processus de changement dans lequel le marché est engagé.
L’amazighe, écrit l’auteur, est historiquement la langue autochtone du Maroc, et actuellement il cœxiste avec d’autres langues, notamment l’arabe (standard et dialectal) et accessoirement le français et l’espagnol. Selon lui, le Maroc est constitué de 50% d’amazighophones et l’amazighe est parlé essentiellement dans les régions rurales, mais avec le développement des flux migratoires, il se trouve également en usage en ville. Il a indiqué que l’amazighe se subdivise grosso modo en trois dialectes à savoir le tarifité dans le nord-est, le tamazighte dans le Maroc central et dans le sud-est, et le tachelhit dans le sud-ouest. L’amazighe, a-t-il précisé, est une langue à part entière qui a sa grammaire propre dont les règles de fonctionnement sont implicites et sont intériorisées par les locuteurs natifs. L’amazighe, est fondamentalement une langue rurale. Dans les régions montagneuses, a-t-il ajouté, l’amazighe représente la langue véhiculaire par excellence puisqu’il est employé dans la vie de famille, le milieu socio-économique villageois et les expressions culturelles Par ailleurs, a-t-il poursuivi, l’arabe standard n’a jamais été performé oralement car même à l’école coranique et dans la Medersa, la langue de communication entre les élèves et le maître est l’amazighe à la mosquée, le prêche du vendredi et les différentes cérémonies religieuses se font en amazighe.
Lois du marché
Quant à l’arabe dialectal, a-t-il mentionné, il est progressivement introduit par les symboles de l’administration, l’autorité locale, le personnel médical, le maître d’école. Les langues étrangères pour leur part ne sont utilisées que lors des périodes de vacances des migrants, et à la campagne l’amazighe reste donc vivant et dynamique. Cependant, avec la vague migratoire des ruraux vers les centres urbains pour des nécessités économiques, les régions rurales amazighophones se sont vidées de leur population posant ainsi le problème de l’adaptation linguistique et culturelle à l’environnement urbain. Par conséquent, a noté l’auteur, la situation que connaissent la langue et la culture amazighes résulte des décisions qui gouvernent le fonctionnement des lois du marché des biens symboliques. Elle se caractérise essentiellement par un processus de déperdition qui s’accélère avec les changements économiques, sociaux et culturels en cours dans le Maroc d’aujourd’hui, et dont l’effet majeur est l’assimilation linguistique et culturelle au profit de l’arabe dialectal. Dans cette situation, les amazighophones adoptent à l’égard de leur identité première une alternative attitudinale oscillant entre une conception identifier dissociative et une autre cumulative.
Toutefois, une nouvelle politique linguistique semble se dessiner au Maroc. Les premières mesures ont consisté à introduire l’amazighe à la télévision et à projeter son enseignement. Sans surestimer l’ampleur de telles mesures ni minimiser l’importance des modalités pratiques de la revalorisation de la langue et de la culture amazighes, l’auteur a affirmé qu’elles augurent un avenir meilleur que le présent.
Source : lematin.ma
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