En 2006, deux géants du transfert d’argent, les américains MoneyGram et Ria, ont obtenu l’agrément nécessaire du Comité des établissement de crédit , pour exercer leurs activités en nom propre. Avec Western Union, qui opère en partenariat avec La Poste, les trois plus grands opérateurs mondiaux sont désormais présents en France.
Mais ce n’est pas fini : "demain, il y aura 20 ou 30" sociétés de transfert d’argent en France, assure Mathias Luft, directeur France de Western Union, qui revendique 17% de part de marché à fin 2006.
Un rapport commandé en 2006 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, sur l’intégration économique des migrants, estimait le flux à 7,95 milliards d’euros par an, dont près de la moitié serait informel. Selon ce rapport, l’Algérie (3,15 milliards d’euros), le Maroc (2,13) et la Tunisie (0,84) concentrent plus de trois quarts des transferts.
Pour contrer l’acteur le plus visible du marché, les concurrents se positionnent sur les tarifs. Selon la Banque mondiale, la moyenne des transferts vers le pays d’origine atteint 200 dollars environ dans le monde. Or, Western Union facture 19 euros l’envoi de 150 euros au Maroc, assortis de frais de change, quand MoneyGram en demande 12.
Usant également de l’argument tarifaire, Banque Accord, filiale du groupe de distribution Auchan, et la marocaine Attijariwafa Bank ont lancé récemment des cartes de retrait destinées à faciliter le transfert d’argent. La carte est confiée aux proches résidant dans le pays d’origine et est créditée par le client, en France.
L’enjeu est donc, pour partie, de capter la manne d’environ 3,5 milliards d’euros annuels qui transite aujourd’hui par des réseaux parallèles.